Reconnaître sa valeur "avec" les épreuves

Tamara Ziebelen
il y a 4 mois | 3 min de lecture
Reconnaître sa valeur "avec" les épreuves

Depuis toute petite, j’ai vécu de nombreuses épreuves

Ont-elles été plus ou moins dures que pour d’autres? Je ne souhaite pas les comparer. Quelles que soient les épreuves que l’on traverse, c’est nous qui les traversons, et c’est ce qui les rend uniques et incomparables.

J’ai depuis presque 10 ans la force de reconnaître toutes les épreuves que j’ai vécues et que je vis comme des expériences.

Ca n’a pas toujours été le cas.

Jusqu’à l’âge de 17 ans environ, au minimum quatre personnes proches de moi se sont suicidées, dont deux adolescents. Dans ma famille, il y a eu de nombreuses morts dues à des maladies. Plus que la moyenne, aucune idée?

Un parcours de deuil périnatal unique

Les personnes les plus précieuses que je n’ai pas pu enterré ont été les quatre anges que je n'ai jamais vu. Je ne parle pas d'ange en lien avec une quelconque religion, j'aime les appeler ainsi car je les imagine invisible, et pourtant présents en moi. Leur passage a été bref, mais il n'en a pas moins laissé des traces dans mon corps, mes pensées et mon coeur.

Deuil périnatal, une épreuve qu'on vit de manière unique

Plus je parle d'interruptions de grossesse autour de moi, dans mes conversations orales et écrites, plus j'observe de parcours de deuils différents. Plus j'observe combien chacun est unique dans ses expériences et sa perception des épreuves.

Je me trouve reconnaissante envers moi-même d'avoir réussi à choisir de me relever rapidement, et en même temps de guérir en prenant mon temps. En octobre dernier, j'ai fait un stage qu'on pourrait qualifier de développement personnel, un plongeon à l'intérieur, dans mon inconscient. Jamais je n'aurais imaginé à quel point, plus de 10 ans après le premier choix que j'ai dû faire, j'avais besoin de pleurer, haut et fort. Jamais je n'avais pleuré comme ça, ou plutôt jamais je ne me l'étais autorisé.

En faisant ça, je sais que j'ai partagé la permission à d'autres personnes, femmes et hommes, de libérer des poids liés à des fausse-couches. C'est une joie pour moi de servir plus grand et plus loin que moi !

La survivance des anges

Mes bébés, mes foetus, je ne les ai jamais vu, si ce n’est sur des écrans de gynécologue. Je les ai ressenti. Je les ai aimé. J'ai eu peur pour eux. Je les ai pleuré.

Chaque jour, ils survivent en moi par les professeur(e)s qu'ils ont été. Et je me trouve encore aujourd'hui enrichie des expériences que j'ai vécues avec eux.

J'ai pu assister à leur cérémonie deuil, avec des dizaines d'autres parents venus rendre hommage à leurs bébés non-nés, pour la première fois après 10 ans.

Tutrice de résilience

Sans eux, je ne serais pas qui je suis aujourd'hui. Je n'aimerais être personne d'autre que moi, avec mon passé, mes épreuves, mes apprentissages. En 2022, j'ai entendu le terme de tutrice de résilience, et je me suis dit "c'est tout moi, ça".

Le tuteur de résilience, bien qu’il ne soit pas naïf et qu’il ait conscience des faces d’ombre de la personne qui est en face de lui, s’intéresse cependant prioritairement à ses faces de lumière. Il croit aux potentialités de cet être et l’aide à les découvrir et à les faire croître. 

Mes amies, mes connaissances, ont plusieurs fois exprimé combien ils me trouvaient résiliente et que j'étais un exemple pour elles. Avant, je refusais les compliments, je disais que c'est normal. Aujourd'hui, je reconnais ma valeur, car en la reconnaissant, je m'autorise à la partager encore plus loin, avec celles qui la recherchent.

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